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l'autre LIVRE

Poésie

L’obscur tympan du monde

de Gérard MORDILLAT

Littérature (TEMPS QU'IL FAIT) | Paru le 12/02/2024 | 21,00 €

Le livre

«Le poète est un voyant au présent et du présent, pas un mage ou un sorcier, interrogeant les signes et les visions. J’aime penser aux poèmes que j’écris comme des textes “d’intervention”. C’est-à-dire des citations du temps, fixés dans l’histoire par des mots taillés en pointes. Interventions également sur le champ littéraire dans la mesure où ils ne s’enferment pas dans un code de lecture ; qu’ils ne peuvent se réduire au lyrisme individuel, à l’objectivisme, à la fable, au narratif, au didactisme, à la glossolalie. La poésie n’a pas de limites comme elle n’a pas de raison. Qu’elle ne soit pas « cadrée » ne signifie pas qu’elle soit sans règles, sans contrainte. Au contraire.
[…]
Écrire de la poésie, c’est avoir faim. C’est discerner le mot exact dans l’obscurité du temps, entendre le son juste au milieu des clameurs de la jungle, fixer un état incandescent de la conscience. Le poème signe toujours un éclair de lucidité.» — G. M.

On ne badine pas avec

de Jules VIPALDO

Tinbad-texte (TINBAD) | Paru le 08/02/2024 | 23,00 €

Ce nouvel opus de Jules Vipaldo relève d’une véritable gageure ; celle de mélanger, tout à la fois (souvent même au point de les confondre), des extraits d’un manuel d’arithmétique et d’un bréviaire. Le tout visant à créer un texte hybride et iconoclaste, tirant sur le ‘farcesque’ ; où il sera question, « entre autres réjouissances », d’une arithmétique particulièrement déjantée et arythmique ; de scènes religieuses entièrement revisitées ; et même, d'un petit précis d’Histoire de l’art, parodique à souhait !

On ne badine pas avec se présente, ainsi, comme une partition polyphonique et bouffonne où tout est écrit, sur et entre les lignes, et même à « l’intérieur » des mots ; où toutes les voix et tous les commentaires, ‘autorisés’, se superposent ; où tout se prononce et s’oralise, explicitement, et plus encore « sexplicitement », dans une poésie littérale et sonore on ne peut plus baroque et assumée, et qui n’hésite pas, en outre, et dans cette ‘OUTRANCE’ revendiquée, à user d’un lettrisme dévoyé/déglingué.

Le livre est illustré de 38 planches en couleurs de Jean-Marc Pontier

tout dévale

de Anne VERSAILLES

le chat polaire (LE CHAT POLAIRE) | Paru le 22/01/2024 | 14,00 €

Voyage dans la nuit

de Friederike MAYRÖCKER

transfert (ATELIER DE L'AGNEAU ÉDITEUR) | Paru le 16/12/2023 | 20,00 €

« Nous parvenons bientôt à destination, s’écrie Julian, à présent nous sommes presque arrivés, notre voyage touche à sa fin, et trempée de sueur, m’écrié-je, à présent ma vie s’est presque exsudée, la crampe interminable surmontée, m’écrié-je, plus d’échappatoire, plus de larmes, à propos des mensonges immodérés qui m’ont accompagnée ma vie durant, alors en fractions de seconde, je renonce à tous les égards et travaille indépendamment de toutes les exigences des normes sociales et de toutes les conditions préalables, tous les soixante ans un cheval de feu, ou comment dire, je m’adossais, je m’assimilais à tout, à tous, (…) »

 

Dessin de couverture : Linde Waber

 

 

Écoute voir

de Patricia FAVREAU

ARTDERIEN (ARTDERIEN) | Paru le 09/12/2023 | 15,00 €

Brûler prier danser les ivresses insondables laves
cycliques des cratères
Brûler prier danser les amours de cours d’immeubles
de trottoirs de cages d’escalier incendies des maquis
qui déjà crevaient
Brûler prier danser la poudre masque opaque
de nos pudeurs
Brûler prier danser la solitude des désirs de se retrouver
Brûler prier danser les cloisons de pierres froides
les mises à mort imaginaires les naissances avortées
les désirs de se défaire la seule idée de rester
les errances à perpétuité brûler prier danser
Brûler prier danser la surprise d’un regard d’un sourire
d’une intelligence

Je vomis du nez, le sang bleu de la nuit

de Anna GAÏOTTI

ARTDERIEN (ARTDERIEN) | Paru le 06/12/2023 | 12,00 €

la pensée dont les mains s’échappent d’un lourd drapé, les orteils s’en dépénètrent. cette femme emprisonnée sur son socle dans une rosace de rosiers m’avait accompagnée sur l’entre, et dans cette discussion de l’utopie du doute. la muse que je tentais de lacérer, piétinée dans sa verticale par une foule éparpillée de muets, je retourne la voir. ses yeux sont mouillés de rouge jusqu’à sa main ensanglantée qui s’arme à son menton, son autre main aussi est colorée. sur le poids de sa robe est inscrit « désarmons la police », je veux y lire « désamorçons la police », en vain.
je réalise ou j’affirme qu’une époque a tourné, nous ne sommes plus dans un monde qui flotte, nous tanguons. le viol de l’humanité est confirmé. la pensée me regarde avec l’accent d’un combat. aucune demi-mesure n’est possible dorénavant. l’utopie n’existe pas l’utopie est l’épreuve d’une cruauté. ouvre mes pas vers un masque qui ne mue que dans le clin d’arme.

je n’ai pas de contrat.